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Agrégation interne histoire géographie

Programme des écrits - commencer sa préparation

20 Avril 2016, 07:18am

Publié par F. DAVID

Les textes officiels et les dates à connaître sont abordés dans un autre article.

Un rythme à trouver

Il n'y a pas de calendrier-type pour se préparer. Les contingences de chacun en terme d'articulation subtile entre vie professionnelle et vie privée sont à établir. Une alternance de deux à trois semaines, rythme qui se resserre à l'approche des épreuves, constitue un équilibre entre progresser dans la maîtrise d'une question et résister à l'overdose. Mais tout dépend naturellement du temps dont on dispose ou qu'on s'accorde entre le début de la préparation et l'échéance du concours.

Quelques candidats se lancent tôt, parfois même avec une année d'avance, en anticipant au maximum sur les questions qui restent au programme l'année suivante. Il est sans doute plus judicieux dans ce cas de commencer sa préparation en mettant à jour les connaissances scientifiques générales, l'historiographie, les grands courants de la géographie, les publications récentes, recherches en cours etc. Un bon dépouillement des dernières années de la Documentation photographique offre un panorama assez complet des renouvellements en cours. Ce travail indispensable pour l'oral dote de solides atouts les copies de l'écrit et permet de gagner un temps précieux entre écrits et oraux. Préparer trop tôt les questions de l'écrit risque d'effacer de la mémoire les connaissances mobilisées plusieurs mois en amont. L'entrée en mode préparatoire consiste davantage en une immersion progressive dans l'actualité de nos enseignements d'histoire et de géographie.

Le vertige du programme

Les questions au programme de l'agrégation interne d'histoire-géographie découlent directement de celles données antérieurement au Capes et à l'agrégation externe. De ce fait la bibliographie est abondante et récente.

La maîtrise de la pléthorique bibliographie publiée dans Historiens & Géographes à l'occasion de la sortie de ces questions aux concours externes n'est pas requise. Tout au plus dresse-t-elle un état de la recherche. Depuis quelques années paraissent des notes de cadrage pour resserrer le champ par rapport à l'intitulé de la question. D'autres bibliographies sélectives diffusées çà et là dans les universités permettent d'extraire quelques noms d'auteurs, titres de publications, exemples ayant donné lieu à des articles ou des communications, intitulés de colloques qui sont autant de références pour connaître l'actualité des acquis scientifiques.

Un danger serait de succomber à la pulsion de la collecte tous azimuts. Pour éviter de crouler très vite sous la documentation et le cumul des photocopies et des fichiers, il est grandement préférable d'adapter sa stratégie à ses contraintes. Les concours internes sont réservés à des fonctionnaires en poste ayant une certaine ancienneté et donc à des enseignants engagés dans des vies familiales et professionnelles avec des emplois du temps parfois acrobatiques. Mieux vaut donc commencer modestement ; partir d'un manuel très général pour l'étoffer progressivement par des lectures complémentaires et la constitution de fiches annexes est préférable au fait de compiler les cours de diverses universités et de centres de préparation privé ou public. De fait - même si cela peut froisser certains esprits - la maîtrise d'un ou deux manuels par question peut suffire à donner matière à composer. Il est péremptoire d'affirmer : "Qui peut le plus peut le moins !". Trop de références mal agencées induisent de la confusion et un risque de saupoudrage qui ne fait pas illusion. Une biographie sérieusement étudiée dans la perspective du sujet, un exemple soigneusement explicité assurent au raisonnement l'exigence de connaissance. Une dissertation de sept heures s'appuie sur six à neuf sous parties, soit une quinzaine de paragraphes mêlant la diversité et la complémentarité d'une quinzaine d'exemples. On peut donc estimer nécessaire d'avoir en réserve vingt à trente exemples par question, pertinemment sélectionnés, pour parer à tout sujet.

la base : un ou deux manuels sur chaque question au programme

Le choix du manuel de départ - chez un éditeur spécialisé dans les questions de concours - se fait selon des critères objectifs autant que subjectifs. Le choix est large et permet donc d'aller vers un compromis entre :
- le degré de maîtrise du sujet par le candidat, qui impose un manuel succinct ou complet, complexe ou facile d'accès ;
- le projet de se limiter à un manuel (clefs-concours de chez Atlande) ou de prolonger par d'autres lectures ;
- le style de l'écriture et la présentation qui jouent aussi dans la motivation pour s'y replonger souvent de manière fractionnée ;
- le prix, même si ces ouvrages se trouvent d'occasion vu qu'ils ont été publiés pour le capes ou l'agreg externes une ou deux années auparavant.

La question du fichage

Les manuels pour commencer

Dans l'absolu une première lecture du manuel in extenso conduit à écarter éventuellement des parties moins intéressantes (à compléter par des lectures ultérieures) et à avoir une vision d'ensemble du sujet, forcément incomplète car chaque manuel fait des choix. Si les connaissances sont vraiment trop lacunaires sur la période historique ou le thème de géographie on peut réviser les fondamentaux à partir de manuels de 1er cycle universitaire. Une seconde lecture, crayon ou surligneur en main, permet tout en étant plus rapide d'annoter et de sélectionner des connaissances brutes, des exemples à retenir. Cela peut constituer un préalable pour une 3e étape, la mise en fiches qui serviront à réviser avant les épreuves en ayant bien en tête la structure et les problématiques du livre.

Une telle démarche peut être élargie à un second manuel complémentaire du premier, en laissant de côté les redites inutiles et privilégiant toujours la nouveauté par rapport à ce qu'on a déjà abordé.

Cette première étape, sans être forcément suffisante pour prétendre à une excellente prestation le jour de l'épreuve, ne peut guère être déléguée ni partagée. Elle ancre individuellement les fondements de chaque question au programme, les connaissances de base, les problématiques et les angles d'approche de la recherche. Elle offre une familiarité relative avec chaque question afin d'éviter l'impasse ou la copie indigente. En outre elle développe aussi un substrat sur lequel peuvent venir s'enraciner des approches plus approfondies et plus complexes.

Des fiches pour approfondir

A mesure de l'acquisition de ces manuels, des fiches viennent compléter le caractère superficiel ou étroit des manuels. De forme simple, rigoureuses (auteur - centre de recherche, objet étudié et notions abordées, glossaire éventuel, résumé concis clair et structuré) ces fiches d'une page ou deux peuvent avantageusement être mutualisées.

Une fois encore il faut veiller à se les approprier réellement plutôt qu'à les accumuler, éventuellement en les reprenant ou en les recopiant. Exemples, événements ou chronologies, biographies, œuvres d'art, croquis ou schémas, lieux (sites, musées), événements (expos, colloques), cartes mentales / schémas heuristiques etc. viennent ainsi compléter les connaissances au gré des lectures, des échanges avec des collègues, des cours dispensés, des sorties, de l'actualité. Le concours est un état d'esprit en veille permanente vis à vis de tout ce que la vie peut fournir comme matériau pour les épreuves.

Mutualiser avec profit

Il est évident qu'en s'associant à un groupe on gagne en puissance de travail. Pour autant il faut éviter les contraintes. Celles-ci sont suffisamment prégnantes chez les collègues, surtout s'ils ne sont pas en congé formation, et l'agreg interne n'est pas le concours d'entrée à l'ENS. L'important reste l'efficacité et la dynamique. Binôme ou trinôme constitués selon des affinités fonctionnent souvent mieux qu'une équipe. Par contre un groupe qui se retrouve régulièrement, notamment lors des cours du mercredi après-midi, insuffle aussi une émulation précieuse. Outre le fait d'abattre du travail, il convient de prendre en compte aussi la motivation, le moral, la résistance au découragement et l'isolement qui prévaut parfois. De ce point de vue le caractère de chacun porte à former la meilleure association. Outre ce travail à plusieurs, les échanges réguliers sur des contenus mais aussi sur les états d'âme assurent une endurance à la peine qu'il ne faudrait pas négliger.

La mutualisation s'attachera surtout à échanger des fiches pratiques (et non des résumés de manuels !), des informations sur des expos, des parutions récentes, des sites ou des lieux à connaître, visiter, et surtout des échanges de plans sur un même sujet. C'est là sans doute que la mutualisation est la plus pertinente pour se confronter à d'autres manières de voir, d'autres formes de raisonnement, d'autres références.

Ne pas oublier l'oral...

Certes il semble impossible de pouvoir tout mener de front. Préparer les concours c'est gérer l'inévitable angoisse de la charge de travail rapportée à la médiocrité de sa propre condition. Néanmoins la question de la culture disciplinaire, en histoire comme en géographie, impose de se mettre à jour et de profiter de chaque occasion pour combler d'inavouables lacunes.

Certains conseillent la lecture régulière de la presse magazine spécialisée (L'Histoire, Historiens & Géographes, Carto) ou de blogs. Mais il faut aussi admettre que la capacité de lecture et d'assimilation est limitée. C'est pourquoi l'audio et la vidéo peuvent s'avérer complémentaires, ne serait-ce que pour varier les postures d'apprenant. Conférences de canal-u.tv, émissions de France culture (la Fabrique de l'histoire d'Emmanuel Laurentin) sont à la fois à connaître et à citer mais aussi d'autres moyens pour étoffer ses connaissances et poser un peu les livres. Le cinéma, les visites de sites et de musées, d'expositions, d'événements (Blois, FIG Saint-Dié), et même des vacances sont susceptibles de fournir un exemple approprié pour une épreuve écrite ou un oral, petit carnet à l'appui.

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S
Bonjour<br /> Je trouve que votre blog est très intéressant. Je me demande ce que vous voulez dire par une alternance de deux à trois semaines de préparation. Pourriez-vous m'expliquer? Merci.
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F
Bonjour,<br /> Ce n'est qu'une proposition par rapport au rythme, l'alternance à trouver pour aborder successivement chacune des quatre questions.
A
Tout d'abord, merci beaucoup pour ce blog qui apporte beaucoup d'éléments très intéressants pour la préparation de l'agreg interne. <br /> Ayant déjà préparé plusieurs fois l'agreg interne, je me pose des questions sur ma méthode. Chaque année, je perds de longs mois à mettre en fiche plusieurs manuels. Faisant toujours des fiches très longues, je me demande s'il ne serait pas plus efficace de surligner les manuels et de travailler donc directement sur manuel. Cela permettrait d'apprendre régulièrement toute l'année et non pas sur la fin, quand arrivent les derniers mois voire dernières semaines et qu'on est en général bien fatigués et bien pris par les conseils de classe et autres réunions parents-professeurs.
Répondre
F
Il n'y a pas de méthode-type sauf celle que chacun élabore avec ce qu'il est et ses propres contingences. Les conseils piochés çà et là ne valent que pour tenter de forger sa propre préparation afin de se conformer au maximum avec ce qu'est le concours. C'est un peu comme la préparation d'un sportif pour un grand rendez-vous. La gestion du temps de préparation est un paramètre non négligeable avec comme objectif d'arriver aux écrits au maximum de nos capacités (mémoire, concentration, acuité du raisonnement) ; tout en sachant que le maximum de ce qu'il faut savoir dans l'absolu est hors d'atteinte. Rien ne sert d'être prêt trop tôt ni trop tard. <br /> Pour la question des fiches, elles doivent pouvoir être relues intégralement avant les écrits. Le surlignage des manuels permet de les reprendre en les survolant mais il est inutile de résumer 400 pages en 100 ! Les fiches en sont la substance, des exemples ; avec le temps, relues deux ou trois fois, elles peuvent éventuellement encore être simplifiées. <br /> Une bonne dissertation ne repose pas sur des connaissances encyclopédiques mais sur la capacité à utiliser judicieusement celles qu'on a dans l'esprit du sujet. <br /> Bon courage.